mercredi 25 février 2009

[Single]Depeche Mode "Wrong"

Je ne cacherai pas mon admiration pour ce groupe des années 80, le seul qui a survécu pour lequel j'ai une réelle affinité (ce qui ne m'empêche pas d'en admirer d'autres). Et bien, il sont en route, mais ça vous le savez sans doute déjà, pour un nouvel album "Song Of The Universe". Et ils nous le font découvrir par un single nommé "Wrong".

Au titre, on devine que ça va pas être jojo. Il commence avec les voix du groupe scandant "wrong" avant de se poursuivre sur une rythmique binaire typique de Depeche Mode et une volée de clavier que je trouve un peu ratée, accompagné de la voix de Gahan peut être un peu forcée. Heureusement, à la fin des couplets, les accords d'autres clavier viennent donner la profondeur dramatique de la chanson, renforcée par le mot "wrong" projeté comme pour l'expier. On rajoute à cela une montée sonore efficace et des paroles qui n'ont pas l'air d'aller vers une happy end, et on a un Depeche Mode très sombre, ce qui en soit n'a rien d'étonnant.

Mais sans doute n'ai-je pas encore abordé la plus grande force de ce simple : son clip. Réalisé par Patrick Daughters, à qui on doit les excellents clips de Feist (dont le très impressionnant "My Moon My Man"), le clip renforce considérablement le pouvoir d'évocation de la chanson et décrit une scène d'horreur que le réalisateur de Saw ne renierait peut être pas. Certains y voient une référence au clip de Radiohead "Karma Police", moi pas vraiment.

En tout cas, ça dure 3 minutes 10 secondes, et ça a tout dit.

mardi 24 février 2009

[Dossier : ils ont 10 ans...] "Homework" de Daft Punk

Ca ne va pas rajeunir toute cette nouvelle vague de french touch, mais leur maître à penser et leur pierre fondatrice a 10 ans (et même un peu plus).

La duo de robots français, génie du sample qui tue et de la compression sonore, ont sorti leur premier opus et ont défini un style qui, 10 ans plus tard, devait être repris quasiment son pour son par des petits jeunes et un label en particulier (Ed Bangers pour ne pas le citer), et ainsi redevenir un phénomène musical remettant le gros sons au goût du jour, après avoir été temporairement éclipsé par les sons minimaux allemands.

Comme Prodigy, le succès de Daft Punk est dû en partie à la bonne gestion de leur image et à tout le mythe autours de leur musique. Mais contrairement à Prodigy, on peut considérer qu'ils ont réellement posé un jalon dans la musique contemporaine. De leur travaux à domicile, difficile de sortir quelques morceaux ou d'écrire une critique différente de ce qui a déjà été de nombreuses fois raconté.

Premier LP, premier succès avec le titre "Da Funk" ou encore "Around The World". Cet album aura fait beaucoup pour rapprocher les adeptes des musiques à guitares des sons électroniques, alors même que les structures des morceaux sont très éloignés du couplet-refrain. C'est sans doute grâce à une richesse sonore rare en musique électronique telle qu'envisagée à l'époque. Entre un "Rolling & Scratching", ses montées acid doublées d'un beat très puissant et les sons totalement pop de "Around The World", il y a une patte commune, mais une volonté de balader l'auditeurs dans différents climats. Cette richesse trouve sa source dans la variété des influences et des samples qui parsèment le disque, auquel le duo a consacré une chanson complète "Teachers". Si il y a un exemple à prendre en terme d'utilisation d'influences, c'est celui-là, car sans en renier aucunes, Daft Punk a réussi à dépasser chacune d'elles pour offrir une musique réellement novatrice.

Finalement, écouter "Homework" est une expérience musicale fondamentale qui en apprend plus sur ce qu'on peut attendre de l'électro à la française que les innombrables clones actuels (sans les citer Justice ou le dernier album de Birdy Nam Nam, dont le son est terriblement semblable à son ainé de 10 ans). Daft Punk, entre temps, a sorti deux autres albums différents et qui n'ont pas toujours convaincu, avant de remettre tous le monde d'accord grâce à leur album live qui prouve que leur musique, anciens comme nouveaux titres, est toujours d'actualité, et qu'ils sont toujours les maîtres en la matière.

dimanche 22 février 2009

[Tops]Meilleures ventes de la semaine

Qui pouvait donc mettre à mal un phoque si ce n'est un autre phoque ? Seal n'est plus premier des ventes hebdomadaires d'albums (bon je l'admets, ça fait quelques semaines, mais j'attendais la confirmation que la tendance n'est pas passagère). Pourtant, les phoques dominent définitivement le classement des ventes d'albums, les reprises de Seal se classant toujours deuxième derrière les vocalises tristounettes de Anthony And The Johnsons et son dernier album "Crying Lights". Entre l'américain folk (et PD comme un phoque) et l'américain pop/soul (appelé aussi phoque défiguré) s'annonce un combat de titan qui risque de laisser tous les prétendants au titre du phoque d'or sur le carreau, des dansouillants Franz Ferdinant qui ont du mal à convaincre avec les éléments plus électroniques de leur nouvel opus à Axelle Red et son premier opus en anglais. On notera néanmoins les bonnes performances de Saule, qui semble donc réussir l'exploit d'un succès critique et publique.


5) Franz Ferdinant "Tonight"
4) Axelle Red "Sisters & Empathy"
3) Saule "Western"
2) Seal "Soul"
1) Anthony & The Johnsons "The Crying Light"

Du côté du cinéma, pas de grandes nouvelles à annoncer. Les comédies tiennent toujours le haut du panier, sur les toiles avec LOL, Bridget Wars ou De l'autre côté du lit, malgré les exceptions notables du nouveau Fincher (et son Brad Pitt rajeunissant) et Volt, le nouveau Disney (ou Pixar, ou les deux, on sait plus très bien). En DVD aussi, surtout par le "Bienvenue Chez Les Chtis" qui risque de squatter la première place quelques mois encore, suivi par un peu de tout, d'Indiana Jones à Gad Elmaleh.

Enfin, en livre, stupeur, les quatres premières places du classement ne sont pas attribuées aux quatre tômes de la saga dont le film Twilight est tiré. Car la quatrième place est volée par le dernier tôme du Petit Spirou.

jeudi 19 février 2009

[Single]Ghinzu "Cold Love"


L'univers tout entier devrait être déjà au courant, mais apparemment pas. Donc, voilà, je vous mets au courant. Ghinzu annonce enfin une date de sortie de son très attendu troisième opus après l'excellent "Blow". C'est donc pour le 30 mars qu'on doit se préparer à "Mirror Mirror".

Se préparer à quoi ? Parce que bon, on l'a tellement attendu cet album, qu'il va être franchement difficile de ne pas être déçu. On peut déjà se préparer à ce que devrait être l'album grâce au single disponible sur leur MySpace (et sur mon blip.fm, donc dans le lecteur sur le côté de ce blog).

Ca s'appelle "Cold Love", et le moins qu'on puisse dire, c'est que le groupe n'a pas perdu le don de nous balader entre différentes ambiances. Après une intro instrumentale très rock, on a droit à un ensemble de vocalises qui font penser à Klaxons. S'en suit un break où on retrouve le piano souvent présent dans les compos de Ghinzu. Cela s'enchaîne avec du chant plus mélancolique sur une guitare peut être un peu trop gentille (dans le style pop belge, en fait). On a droit pour finir ce titre très court à une montée en puissance sur voix distordue qui finit en une explosion de guitare.

C'est très chargé, très rock et énervé, on retrouve finalement assez peu les ambiances mélancoliques qui ont dominé les meilleurs titre de "Blow". Bref, de quoi patienter, et s'inquiéter, encore les 40 jours qui nous séparent encore de la sortie de l'album de rock belge le plus attendus de ces dernières années (bien plus que dEUS, avec lequel on ne peut pourtant pas nier une forme de filiation)

Et si vous voulez aller les voir en live, ils sont au Bel'Zik Festival, festival dont je découvre l'existence et qui offre une affiche rock belge tout à fait intéressante pour pas trop cher à Liège (25 euros pour Soldout, The Subs, Ghinzu et quelques autres, ça peut le faire).

[Live]Metronomy

Je les avais déjà vus en première partie de Ladytron (détestable, Ladytron, en live) il y a quelques mois, mas j'avais manqué le début et je n'en avais pas gardé beaucoup de souvenirs. En plus Radio Campus ULB m'offrait une place pour voir ce concert mardi soir, donc je me suis dit que ce ne serait pas mal de réactualiser ma mémoire et me faire un avis définitif sur le groupe.

Il faut dire que l'écoute de leur album ne m'avait pas emballé plus que ça. Paradoxalement, il n'a certainement pas été composé au métronome. Les mélodies et les sons déglingués donnent parfois une impression de Hot Chip, mais ça reste très loin de l'efficacité que peut offrir ce dernier groupe. Je me souvenais néanmoins qu'en terme de show, le trio Metronomy était assez efficaces.

Pas de première partie, et ils commencent une demi-heure plus tard que l'heure indiquée (le Botanique devrait faire un effort à ce sujet et indiquer les heures de débuts et les premières parties quelque part), bon. Il faut pas être grand devin pour savoir que la musique va principalement être fournie par l'ordinateur derrière le chanteur principal. Elle sera soutenue par un bassiste au pantalon tellement moulant qu'on se demande comment il l'a enfilé et qui danse vraiment comme une folle, en assurant néanmoins sa ligne de basse rythmée. Il y aura aussi une guitare dans les mains du chanteur, et un saxophone pour le troisième. Le tout avec des claviers et un micro évidemment pour chacun des intervenants. Reste que le saxophoniste joue la plupart du temps du clavier, à une main, utilisant l'autre pour faire des petites gesticulations très drôles parce qu'absolument pas dans le rythme de sa musique. Bref, on a plus de la musique préenregistrée soutenue par une basse et une guitare. Et les voix.

A ce constat, on pouvait craindre le pire. D'autant plus qu'en terme d'inspiration, tout n'est pas parfait non plus. En jouant en même temps sur les terres de Hot Chip par le côté pop aux sons et rythmes venus d'ailleurs, de MGMT pour les mélodies quelques fois efficace et les voix et de LCD Soundsystem pour la basse très funky, ils se perdent un peu en référence, sans jamais les égaler, et n'impose pas vraiment leur style. Pire, on se retrouve souvent assis entre deux chaises. Mais si Metronomy ne convint pas trop musicalement, il faut bien avouer qu'ils réussissent à nous faire passer un bon moment de show. Les petites chorégraphies ridicules, le jeu de lumière minimaliste qui donne un cachet rétro-futuriste à la scénographie, les danses du bassistes, les gesticulations du saxophoniste, les bons mots du chanteurs et ses déclarations galvanisantes ("honnêtement, on s'est jamais autant amusé") font qu'on oublie presque les défauts musicaux, le manque de rythme parfois alors qu'on sent que la musique est faite pour danser, pour sourire avec ce spectacle un peu hors du temps (et pourtant franchement dans l'air du temps).


mardi 17 février 2009

Facebook fait un pas de plus, un pas de trop ?

Voilà, je viens de passer une heure à effacer mes photos, enlever le marquage d'autres, me désinscrire de la plupart de mes groupes et de toutes les pages promotionnelles de Facebook. Pourquoi, me direz-vous ? Et bien parce que les conditions d'utilisation du site ont changé. Rien de révolutionnaire, je n'en aurais rien su si quelques articles de blogs n'avaient pas attirés mon attention (ici, ou encore ).

Bon, c'est vrai, le fondateur de Facebook s'explique et on comprend plus ou moins où il veut en venir. Néanmoins, je reste très sceptiques quand à ces nouvelles conditions d'utilisation.

Ce qui change par rapport à la précédente version, principalement, c'est le retrait de l'obligation de Facebook de supprimer vos données du réseau si vous vous désinscrivez du site. Cela implique évidemment que vous ne pouvez pas non plus effectuer ce retrait de donnée sur demande. En d'autres termes, et comme l'explique très bien Zuckerberg, quand vous partagez une photo et qu'elle atterrit sur le compte d'un ami, l'ami en question possède alors cette photo, et Facebook aussi. En soi, ce n'est pas très grave si cela ne permettait pas à l'entreprise d'utiliser ces données à des fins commerciales même quand vous quittez le site.

Vous mettez donc en ligne un article, une vidéo personnelle, quelques photos que vous envoyez à vos amis, et Facebook pourra en profiter tant qu'il en restera une trace sur leur réseau. Partager avec ses amis, c'est donc partager avec Facebook... La comparaison avec les services de webmail n'est pas entièrement fausse, mais elle diffère sur un point très important : un service de webmail ne peut pas utiliser les contenus transmis à des fins commerciales, même si ces données sont toujours présentes sur les serveurs du service après votre désincription.

Bref, sans que cela mette en cause ma politique personnelle d'ouverture aux nouvelles technologies de la communication, à l'ouverture et au partage de donnée sur le net, cela me fait néanmoins douter du contrôle que je peux encore avoir sur les données qui transitent pas Facebook.

Plus que cela, je me suis demandé si j'avais réellement besoin de Facebook, si je ne pouvais pas simplement supprimer mon compte pour limiter les dégâts. Mais je ne crois pas que cela soit réellement une solution. Se priver d'outils efficaces et répandus ne doit pas être une réponse à une menace sur la vie privée. Je me servirai donc désormais uniquement de Facebook afin de communiquer à des personnes des informations factuelles temporaires. J'y hébergerai le moins possible de données exploitables et je conseillerais à toute personne qui produit des documents sur lesquels elles souhaitent conserver des droits de ne pas les publier sur Facebook et de les retirer dès à présent du site.

En gros, Facebook va devenir pour moi une sorte de Caramail amélioré, ce mythique service qui a fermé ses portes ce week-end... Quand on compare à l'ambition de base du réseau social, il y a un écart, ou plutôt un canyon.

lundi 16 février 2009

[Live]Flying Superkick

Vous la savez, d'habitude, sur ce blog, je parle de ce dont tout le monde parle ou a entendu parler. Je ne m'aventure jamais sur le véritable terrain de l'indépendant, appréciant plus de chroniquer les grosses sorties Universalesque ou des quelques gros labels plus ou moins indépendants, ou à la mode. Et bien, pour une fois, je vais déroger à cette règle, et vous parler d'un groupe belge même pas signé (vous voyez à quel point je suis "indie") mais qui déculoterait bien tous ces petits jeunes de chez Anorak Supersport ou 62 TV Records. Ce groupe, c'est Flying Superkick, comme la prise de catch (quoi, vous la connaissez pas ?)

C'est un peu par hasard que je me retrouve à leur prestation ce jeudi 12 février au Bazaar, un resto/bar dansant dans les Marolles qui représente bien l'envahissement du Sablon de ce quartier autrefois populaire. Rien qu'au prix de la bière, on sait que le lieu n'est pas destiné aux personnes qui habitent toutes les résidences sociales du quartier... Pourtant, ce qu'on va entendre ce soir-là dans la cave habituellement plutôt dancing du lieu, c'est du gros rock un peu rétro.

Mais pas uniquement, contrairement à ce que j'aurais pu craindre. On retrouve vraiment de tout dans cette musique. Des riffs de guitare à la Radio 4 sur "The Party", des beats électronique presque Jungle sur "What Do You Do To Me" ou la basse ronronnante à single sur "Aircrash In Stereo", on voyage beaucoup à travers ce concert, même si la base oscille entre le rock 70's et le métal plus moderne. Plein de références nous viennent donc à l'esprit, j'ai même pensé à "I'm Afraid Of American" de Bowie, mais on finit vite par oublier tout cela pour se laisser gagner par l'énergie. Le groupe joue bien, sans en faire trop, mais avec une maturité que ne peuvent avoir les jeunes de moins de 25 ans qui se prennent pour des rocker (non, je ne pense pas à The dIPLOMAT). La son est bon, la voix du chanteur assurée, le set est maîtrisé, on passe donc un bon moment même quand on est pas nécessairement fan de ce style de musique, ce qui est plutôt mon cas. Parce qu'au delà de l'énergie, il y a aussi des mélodies bien senties et une belle progression tout le long du concert.

Bref, si vous avez un label et que vous ne savez pas qui signer en ce début d'année, je vous suggère de jeter un oeil sur leur MySpace ou écouter les quelques morceaux de leur démo sur Blip.fm (ou sur le lecteur juste à côté)

jeudi 12 février 2009

Grande marque VS grande distribution

Je trouve l'affrontement qui se déroule pour le moment entre Unilever et Delhaize très intéressant... Difficile de l'analyser, difficile de prévoir les conséquence, et ce malgré les banques d'investissements qui ne prévoient rien de bon pour Delhaize. Je suis moins pessimiste pour nos amis AD et le Lion.

La véritable question pour Delhaize est de savoir si l'enseigne a besoin des produits Unilever. Alors que la campagne du jour d'Unilever fait parler d'elle (ici et même par exemple) et qu'on pourrait penser que cela aura un impact très négatif pour Delhaize, je suis moins sûr de cela. Je crois en effet que le critère de la variété de l'assortiment n'est pas le premier critère de choix pour le consommateur de son distributeur. L'emplacement, les prix, le confort dans le point de ventes me semblent des critères plus puissants dans le choix d'une grande surface. De plus, on peut considérer qu'une fois des habitudes prises dans un magasin, le consommateur changera peu de point de vente et de chaîne.

Pourtant, et c'est un peu la paradoxe, Delhaize est sans doute la chaîne qui pourrait être la plus affectées par le retrait de Unilever. Le magasin est en effet réputé pour la qualité de ses produits et la taille de son assortiment. Le retrait d'Unilever et de ses marques souvent bien perçues pourrait affecter l'image de Delhaize à moyen terme. Je crois néanmoins qu'à court terme, avec la campagne point-of-sale de Delhaize pour pallier au problème, indiquant les produits concurrents (Procter & Gamble se réjouit !) et les produits de sa propre marque, l'enseigne pourrait voir ses résultats légèrement s'améliorer. Les marges des distributeurs sont en effet bien plus importantes sur leurs propres marques, et la marque Delhaize pourrait profiter du retrait des produits Unilever pour engranger de nouveaux consommateurs, d'autant plus que c'est une de celle qui réussit le mieux à se positionner dans le segment "qualité".



Du côté d'Unilever, on pourrait croire que le géant ne craint rien. Et pourtant, on oublie souvent la puissance des chaines de distribution pour ces entreprises de produits de grande consommation. En effet, ces produits marchent par une forte fidélisation des consommateurs et par l'activation des ventes. On achète du Cif plutôt que du Dreft parce qu'on a l'habitude et qu'on a toujours pris du Cif, ou alors parce qu'il y a un bon de réduction pour Cif et pas pour Dreft. L'image du produit vient ensuite seulement. La présence sur le point de vente est donc indispensable pour maintenir cette fidélisation du client. Parce que si, comme c'est le cas maintenant chez Delhaize, il est forcé d'essayer une autre marque de produit vaisselle et qu'il constate qu'il est aussi efficace pour moins cher, ou même pour le même prix (ce qui est vraisemblable pour des produits peu travaillé sur l'image de marque et de grande distribution, donc quasiment identique en terme de qualité), il est probable qu'il se fidélisera à cette autre marque et que le jour où Unilver sera de retour chez Delhaize, les consommateurs ne lui reviendront pas pour rien, mais seulement à grands coups de promotion. Unilever peut d'ailleurs se permettre de ne pas céder uniquement parce que Delhaize est loin d'être le plus gros distributeur belge, et encore moins mondial.

Tout cela pour dire qu'à court terme, Delhaize a sans doute intérêt à refuser l'accord avec Unilever : cela lui donne une visibilité à sa marque, cela lui permet une communication "nous protégeons nos clients de la hausse des prix" qui vient encore renforcer la communication très réussie autours de la baisse permanente du prix du pain il y a quelques semaines. Pourtant, je crois qu'à moyen terme, l'absence d'Unilever dans ses rayons va peut-être devoir pousser Delhaize à trouver un accord. De son côté, Unilever a réellement tout à perdre à ne pas être distribué chez Delhaize et va sans doute également de son côté faire des efforts pour parvenir à un accord. Je doute donc que cette situation reste tel quelle indéfiniment.

Quand au consommateur dans tout cela ? Pas de grand changement en perspective au niveau des prix je crois. Il est en effet impensable que, comme Delhaize le prétend, les produits Unilever augmente subitement de 20%, et si l'augmentation des prix d'Unilever est réellement élevée, Delhaize pourrait devoir rogner un petit peu sur ses marges pour pouvoir les proposer à nouveau à un prix compétitif dans ses rayons.

mercredi 11 février 2009

Du Flux RSS

Je n'ai certainement pas pour objectif de transformer ce blog en un nouveau Fluctuat.net ni Chronicart. Je ne souhaite pas obtenir un niveau de webdesign qui fasse dire à mes visiteurs : "Ouaw, quel beau menu". Je ne cherche pas à un jour peut-être gagner de l'argent avec ce que j'écris ici. Néanmoins, je considère qu'il y a quelques réflexes formels et technologiques indispensables pour un blog, dont le premier est sans doute la mise en avant d'un flux RSS.

Vous savez, ce petit bouton orange en forme d'onde radio ? Pour ceux qui ne le sauraient pas (il y en a), il s'agit d'une technologie qui permet de recevoir les mise à jour d'un site qui est pris en charge sous forme de listes d'article et de page, mais de façon automatique. Pas besoin d'aller voir sur le site en question, ni d'appuyer sur un bouton quelconque, chaque fois qu'un nouvel article est posté, le titre, un résumé ou l'article au complet apparaîtra sur votre lecteur de flux RSS (dont le plus connu, online, est sans doute Google Reader).

Pourquoi est-ce important ? Parce que certains d'entre nous ne passent pas leur vie devant leur écran, et encore moins à vérifier régulièrement si de nouveaux articles sont arrivés sur les sites qu'ils apprécient. Dès lors, il est indispensable de pouvoir signaler à nos lecteurs occasionnels que des nouvelles fraiches sont en ligne. Le mécanisme de newsletter est bien connus, mais il est assez contraignant (parce qu'il faut la rédiger, la newsletter), intrusif et donc peu efficace (combien de newsletter effacée sans y jeter un oeil ?). Le flux RSS est automatique (mais configurable), peu intrusif et donc laisse le choix au lecteur.

Si j'écris cela maintenant, c'est parce que je croyais que l'idée de flux RSS était comprise et appliquée par tous les bloggeurs de qualité. Et je me suis rendu compte qu'en fait non. Je lis régulièrement des blogs très bien rédigé et très intéressants qui ne dispose pas du sacro-saint bouton d'affiliation RSS. Ou encore, mes collègues apprentis journalistes de l'ULB qui tiennent un site d'information médias en ligne Sic! (que je vous invite à consulter) n'ont pas compris que ce bouton devait être visible, donc en haut de leur page d'accueil. Il est tellement bien caché sur le site (un petit bouton, en bas de la colone à droite) que j'ai du envoyer un message pour leur suggérer d'en mettre un pour apprendre qu'il y était déjà.

Cela n'a l'air de rien, mais de nombreux site ont déjà raté mon affiliation simplement parce que, comme je ne trouvais pas de bouton RSS facilement accessible, et que j'avais la flemme d'ouvrir mon agrégateur, faire un copier/coller de l'URL du site et espérer que cela fonctionne, je ne l'ai simplement pas suivi.

Donc voilà, un petit billet en tout amitié pour les quelques blogueurs amateurs, comme moi, qui me lisent, pour leur suggérer un tout petit effort de ce côté !

mardi 10 février 2009

[Dossier : ils ont 10 ans...] "The Fat Of The Land" de Prodigy

Pour être honnête, il a plus que 10 ans, cet album. Mais bon, la constatation est la même. On ne peut nier qu'on aime ou pas le style néo-punk de Prodigy que cet album aura marqué les esprits.

Du point de vue de la musique d'abord, évidemment. Des titres comme "Smack My Bitch Up", "Breathe", "Firestarter" ont marqué dans les mémoires collectives. En réalité, c'est le son général de l'album qui a réussit à s'imposer, plus que des titres. Ce qui fait que beaucoup de gens serait capable de reconnaître un morceau de "The Fat Of The Land".

Comment un si gros son est parvenu à devenir populaire. On a des grosses basses puissantes, un BPM franchement haut, quelques sons trance bien marquant et des éructations vocales passées dans toute sorte de machine. Je crois que cette musique est tellement primaire, fait ressortir tellement de pulsions brutes chez l'auditeur, qu'il y adhère immédiatement. C'est moins le cas des albums suivants ou précédents qui touche moins à l'animal qui est en nous.



Et puis, il y a toute l'imagerie qui accompagne le groupe. C'est sans doute la plus grande différence avec Massive Attack qui a précédé dans ce dossier. Difficile pour un quidam de définir une image du groupe de trip-hop. Par contre, pour Prodigy, on voit des gens à crêtes roses éructant sur scène, on voit le clip "Smack My Bitch Up". On voit ce crabe sur la plage qui semble totalement décalé par rapport au contenu de l'album (en plus d'être très moche). Je crois sincèrement que la réussite de "The Fat Of The Land" tient autant à la musique qu'à l'imagerie qui accompagne le groupe devenu finalement gentillet dans son dernier album mais qui a réussit à capitaliser sur cette image de dur moderne pour continuer à faire venir le public à ses shows.


En attendant, "Serial Thrilla" repasse dans mes enceintes, il est temps pour moi d'abandonner le clavier pour quelques bons épileptiques...



dimanche 8 février 2009

[Review]Animal Collective "Merriweather Post Pavillon"

Apparemment, certains ont eu des difficultés à trouver quelqu'un pour écrire une mauvaise critique sur le dernier Animal Collective. C'est parce qu'ils ne me connaissent pas, sinon ils auraient fait appel à moi...


Ma première rencontre avec le groupe a eu lieu à l'occasion de "Sung Tong", qui avait reçu à l'époque de très bons commentaires chez beaucoup de critiques éclairés. Et moi, je n'aimais pas. Mais vraiment pas. J'ai donc mis de côté ce groupe, choix confirmé par des critiques équilibrées concernant les opus parus par la suite (c'est fou ce qu'ils produisent, en plus !).

Et puis, en ce début d'année glacé, alors que je me complais à écouter le dernier Kanye West, je suis troublé dans ma quiétude américaine vocodée par des dizaines de petites voix qui, sur mon Google Reader, me disent "Album de l'Année". Ils me disent pop psychédélique géniale et originale, mais accessible quand même. Et comme je n'écoute pas que du vocoder, mais aussi l'excellent "Lightbulbs" de Fujiya et Miyagi (que je chroniquerai bientôt ici), je me dis que je suis prêt à affronter un autre album de pop accessible, même si il est psychédélique (et vice et versa, comme diraient "les Inconnus").

Sauf que je ne dois pas fumer la même herbe que tous mes confrères critiques. Alors, voilà, je ne trouve pas cet album accessible. Accessible, pour moi, cela veut dire qu'il évoque et provoque des émotions directes, qu'il donne envie de bouger ou de se plonger dans l'introspection, qu'il fait sourire ou pleurer. Bref, qu'il ait un effet. Le seul effet que Animal Collective a sur moi est un mal de tête.

Parce que je m'acharne. Je le ré-écoute plusieurs fois. J'essaye même de comprendre (oui, la musique peut aussi être une entreprise de réflexion, permettant alors seulement d'accéder aux émotions, même si tous le monde ne semble pas partager cet avis). Et alors, je ne peux plus percevoir que ces deux voix totalement insupportables, ces claviers agaçants ("Brothersport", une merveille ? J'y ai presque perdu mes yeux, ils ont failli sortir de leurs orbites poussé par mon cerveaux qui grossissait avec les sons de claviers de ce morceaux), ces constructions sans queues ni têtes.

Je reconnais le travail d'orfèvre, l'intégrité artistique et la volonté de produire un album cohérent. Je reconnais même que "My Girls" pourrait, grâce à une mélodie qui reste en tête, être une bonne chanson si on la remixait un petit peu pour lui donner un peu de punch. Mais bon, mon amitié pour Animal Collective s'arrête là, et je préfère me replonger dans mes musiques convenues mais qui provoque chez moi peut-être pas beaucoup d'émotions très nobles (envie de bouger son cul, de sauter contre les murs, de baiser la première chose qui se présente) mais qui sont agréables finalement. L'opposé de ce "Merriweather Post Pavillon", quoi.


Pour écouter, rendez-vous sur leur MySpace : http://www.myspace.com/animalcollectivetheband

samedi 7 février 2009

[Review]Kanye West "808's and Heartbreak"

Rendons à la technique et au passé ce qui lui revient, Kanye West n'aurait jamais pu faire cet album, comme Rihana ne pourrait pas "chanter", si le vocoder n'était pas revenu en état de grâce ces dernières années. Certains avanceront que Cher l'avait déjà remis au goût du jour dans les années 90, mais là, je dis stop, parce que contrairement à ce que cette introduction peut faire penser, j'aime assez bien le dernier opus de notre machine à vendre US.

Bon, on va être honnête, en terme de qualité technique, de recherche, et de toute les qualités musicales "objectives" que l'on pourrait trouver, c'est un peu une merde. Des arrangements ridicules de "Robocop" aux paroles complètement glucoses de "Coldest Winter" (pauvre pauvre milliardaire arrogant), tout pue l'auto-satisfaction et l'assurance absurde.

Rien à priori pour se réjouir, si il n'y avait pas l'implacable efficacité des beats produits par notre ami Kanye et son insatiable envie de sortir un album déjà complètement dépassé et ressucé de partout tout en l'imposant comme de l'original. Effectivement, en prenant le bon de partout et en le mettant avec un minimum d'ingéniosité ensemble, on arrive à un bon album (en fait, une bonne collection de singles avec quelques déchets pour compléter). On retiendra le "Say You Will" et les 3 minutes qui terminent le morceaux pour laisser méditer sur la grande profondeur du propos du producteur, "Love Lockdown" et sa rythmique à la N*E*R*D dépressif ou "Welcome to heartbreak" qui réussit presque à faire oublier les claviers violoneux mièvres à coups de boites à rythmes bien placés.

Bref, vous l'aurez compris, c'est une merde purement jouissive, "tellement trop triste" qu'elle aurait sans doute remonté le moral au chanteur de Telephone Tel Aviv et aurait peut être évité son suicide.