Affichage des articles dont le libellé est review. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est review. Afficher tous les articles

lundi 7 septembre 2009

[TM - Web-journaliste academy]RTBF DJ Expérimenté ou Expérimental ?

C’est dans le cadre de Tour et Taxi (connu pour être un lieu très VIP) que se tenait vendredi 28 août la soirée de la RTBF destinée aux médias (mais dont la publicité est très largement réalisée auprès du grand public). Une soirée privée et gratuite sur invitation (un groupe Facebook donne la possibilité d’en avoir à la demande) avec des stars (comme Plastic Bertrand) au doux nom de RTBF DJ Experience.

Même si le concept pourrait paraître bancal, il faut admettre que dans la réalisation, la RTBF a plutôt assuré. Trois salles (dont une VIP) et trois ambiances sont ouvertes, et les moyens techniques pour rendre attrayants les hangars de Tour et Taxi sont impressionnants. D’un côté, la Screen Box avec ses écrans géants diffusant des images de la soirée filmées par un petit dirigeable. De l’autre, la Laser Box avec podium et lasers verts du plus bel effet.

C’est d’ailleurs sur cette salle que j’ai jeté mon dévolu afin d’écouter certains membres appréciés de la RTBF s’essayer au mix. Après Damien Van Achter (Community Manager) qui a confirmé le retour triomphant des 90’s sur les pistes, on aura apprécié Hugues Dayez (journaliste cinéma) qui a mouillé sa chemise pour concurrencer Plastic Bertrand avec des grands hits des années 80. Dans l’ensemble, la musique est inégale et manque d’homogénéité, mais la bonne humeur du public et l’ambiance contribuent à faire oublier ces petits écarts.

D’autant plus que du côté des bars, rien à redire, on est servi assez rapidement. Peut-être grâce au système de paiement électronique à l’aide d’une carte proton dédiée à la soirée à acheter sur place et recharger. Les quelques frais engagés et le prix un peu élevé de la bière (3 euros pour une Vedett en canette) iront dans les caisses de Cap 48 (ASBL luttant pour l’intégration des handicapés dans la société), ce qui nous donne bonne conscience pour en boire une de plus au calme, dans un transat à l’extérieur en regardant sur écran géant certaines des meilleures émissions de la chaîne nationale.

Si cette soirée avait été totalement commerciale, l’impression n’aurait sans doute pas été la même : au final, on a dansé sur de la musique mal mixée et peu recherchée dans un grand hall en buvant de la bière en canette. Mais la sympathie que l’on porte à nos animateurs favoris derrière les platines et le côté “belgitude” de l’initiative suffisent à emporter mon adhésion. Ce n’est probablement pas le cas de tous.

PS : je suis sélectionné parmis les meilleurs commentateurs du site Truvo.be. Si vous avez envie, vous pouvez voter pour moi sur ce site (3 pts pour Yann Lebout) et vous pouvez même jeter un oeil à ce que j'écris via ce lien. Je ne vous promets rien si je gagne, parce qu'il n'y a rien à y gagner ;)

samedi 6 juin 2009

[Review]Bat For Lashes "Two Suns" et "Nuit du Botanique"

On va faire d'une pierre, deux coups, en parlant du deuxième opus de Bat For Lashes en même temps que de son concert qui date déjà un peu mais qui m'a marqué, le 15 juin à l'Orangerie du Botanique.

Je ne suis pas un fan de la petite Natasha Khan, et même si j'aimais bien son premier opus Fur And Gold, je n'en ai pas fait une jaunisse quand je n'ai pas pu avoir de place pour son concert originalement programmé dans la Rotonde. Mais finalement, vu le succès de la petite dame, on la verra à l'Orangerie, et je peux me procurer la dernière place (niak niak, désolé pour ceux qui n'en ont pas eu après moi) pour aller voir son folk hippie gothique.



Et grand bien m'en a pris, je crois que j'ai assisté au meilleur concert de mes Nuits, en concurrence avec Thunderheist le lendemain. Passons sur la première partie, le pop-rock à deux guitares et voix totalement anecdotique de Dan San, pour nous concentrer sur la belle Natasha. Pas de corps, pas de visage, mais belle d'esprit. Elle rayonne sur scène, gambadant comme un faon dans la forêt, ici habitée par des icônes christiques et des idoles d'animaux. Son groupe est totalement dans le délire, l'imagerie est en place.

Je n'avais pas encre écouté Two Suns avant le concert et j'y allais donc à la découverte du nouvel album. Excellente idée, car les morceaux tirés de ce second opus m'ont paru beaucoup plus solides en live que ceux tirés du premier. A l'exception près de "What's a girl to do" et "Horse and I". A quoi est du cette réussite ? Assurément aux arrangements des percussions particul!èrement percutants - quelle bonne idée de renforcer les beats électroniques par une batterie acoustique, ou inversement - mais aussi grâce à la voix de Natasha Khan, qui assure sans vouloir faire la diva, ce qu'elle n'est pas.

C'est donc dans une optique résolument positive que je me suis acheté Two Suns (sur Amazon UK, 7 livres). L'album s'ouvre sur le titre "Glass", formidable, qui place la barre très haut d'emblée. Ce qui rend la suite difficile, la balade piano/voix "Moon And Moon" n'étant pas vraiment à la hauteur. On peut ensuite citer le premier single "Daniel" qui fait le boulot, sans être aussi excellent que la version live jouée aux Nuits. La deuxième partie de l'album est dans l'ensemble plus réussie, avec "Pearl's Dream", "Two Planets" tout en percussions ou "Good Love".

Mais c'est seulement après la deuxième écoute que je me suis rendu compte que cet album n'était pas un simple album de pop où chaque chanson est une fin en soi. La force de Two Suns est dans son ensemble, à mi-chemin entre les délires celtiques de Sinead O'Connor et la pop déglinguée de Björk. J'admets néanmoins être beaucoup plus sensibles aux morceaux plus centrés sur les percussions qui bénéficient décidément tant en live qu'en album d'un soin particulier.

En bref, ce n'est pas parfait, comme pour le premier opus, mais si on prend la peine de rentrer dans cet univers musical, on appréciera la cohérence de l'ensemble. J'ai en tout cas bon espoir pour la suite de la carrière de Natasha Khan, car cette musique ne fait pas que surfer sur une forme de mode, mais propose réellement un univers.

lundi 11 mai 2009

[Dossier : ils ont 10 ans] "Ultra" de Depeche Mode

Bon, il fallait parler dans le cadre de ce dossier d'un Depeche Mode, soit d'Ultra, soit d'Exciter. Si je trouve Exciter bien plus intéressant musicalement et clairement sous-estimé (j'en parlerai peut-être aussi, tiens), Ultra est réellement un jalon dans la carrière du groupe.

Ils avaient connu leur plus grande époque en terme de reconnaissance publique avec Violator en 1990 (qui reprenait les titres "Enjoy The Silence", "Personnal Jesus", "Policy Of Truth" notamment) et le chanteur du groupe, Dave Gahan, avait commencé sérieusement à tomber dans la drogue. L'album qui suivit, Song Of Faith And Devotion, a révélé au groupe toutes ses tensions internes. A la suite de cet album, Alan Wilder quitte le groupe tandis que Dave Gahan s'enfonçe de plus en plus gravement dans la drogue et la dépression. Sans homme de studio et avec un chanteur très fragile, le groupe ne pensait pas survivre. C'est donc sans pression en terme de résultat et dans une ambiance terriblement somble que le travail d'Ultra commença, sans pour autant que la situation s'améliore énormément avec en point d'orgue l'overdose de Dave Gahan en 1996. Forcé de passer en désintoxication pour rester aux Etats-Unis, c'est l'électro-choc qui permit à Gahan de sortir de sa crise et sans doute l'événement qui permit l'aboutissement de l'enregistrement d'Ultra et qui permit aussi au groupe de ne pas se séparer.

C'est Tim Simenon qui produit Ultra après avoir touché à quelques titres de Bjork, Sinead O'Connor et Massive Attack mais surtout après avoir produit l'album de Bomb The Bass. Musicalement, que faut-il retenir d'Ultra ? Fondamentalement, pas grand chose... Les singles, sans doute, avec "Barrel Of A Gun", ses paroles à vous glacer le sang et son accord de guitare qui tue, "Home", "It's No Good" et "Useless" qui bénéficiera quelques années plus tard d'un remix assez acclamé de Kruder & Dormefeister. Pas étonnant, en réalité, de voir le titre repris en version lounge, la production d'Ultra est fort tirée vers le trip-hop et l'ambiant, en lien direct avec l'expérience du producteur. Cela causera beaucoup de tord plus tard au groupe qui perdra beaucoup en crédibilité sur Exciter, accusé à tord d'être de la guimauve pop et ambiant.

Le mot de la fin revient à Daniel Miller, patron du label de toujours de Depeche Mode, Mute, qui dit "It almost didn't matter what the album was like, there just had to be one". Cela résume bien la valeur de cet album, qui est peut-être le moins bon de Depeche Mode comme le plus important.

samedi 9 mai 2009

[Review]Ghinzu "Mirror Mirror"

Bon, voilà que je vais chroniquer l'album belge le plus attendu depuis fort longtemps, d'un de mes groupes favoris par ailleurs. Difficile de rajouter à ce que mes nombreux confrères ont déjà dit sur ce troisième opus de Ghinzu. Je vais néanmoins tenter de trouver les mots pour décrire au plus juste ce à quoi vous devez vous attendre à l'écoute de cet album.

De façon globale, là où "Blow" était un album rempli d'idées géniales relativement mal exploitées, "Mirror Mirror" est nettement moins riche en idée, mais les quelques unes qu'on y trouve sont extrêmement bien exploitées. Pas de chanson comme Blow, 'Till you faint, The Dragster Wave ou Mine, qui souffrent à les ré-écouter de plus près de grosses lacunes de production tout en restant géniales, mais des titres qui trouvent leur force dans l'efficacité de leur production.

Ainsi, le titre d'ouverture est à mille lieux de la richesse de Blow, mais réussit grâce à sa ligne de basse et sa batterie rentre dedans, son équilibre entre voix, piano et sons plus électroniques, à convaincre qu'on est fasse à une bombe. Passe ensuite un Take It Easy qu'on comparera volontiers à The Strokes, en beaucoup plus pop, et auquel je reconnais des qualités de compositions sans pour autant accrocher plus que cela. J'admets d'ailleurs qui Ghinzu m'a toujours beaucoup plus plu par son énergie que par ses mélodies, et c'est sans doute la raison pour laquelle je suis assez emballé par le troisième opus. D'ailleurs, le titre titulaire de l'album, Mirror Mirror, est une bombe dancefloor potentielle, avec sa basse rebondie légèrement funky, ses riffs de guitares rageurs et la simplicité de sa composition. Il s'enchaîne directement avec The Dream Maker qui emporte l'adhésion grâce aux coeurs très kitsch (fait par leurs potes, les Vismets si je ne m'abuse) et par la montée en puissance finale qui rappelle les bons moments de l'album précédents. S'en suis les titres The End Of The World et This Light, le premier étant tout à fait un single qui pourrait prendre la place de Do You Read Me et que je trouve assez insupportable, le second faisant trop attendre sa montée pourtant assez réussie.

S'en suit This War Is Silent très dEUS qui passe en force et grâce à une production parfaite. Le morceau suivant fera sans doute encore longtemps débat, Je T'attendrai, entre le second degré de la voix et des choeurs et l'instrumentation pied au plancher. Pour moi, la cause est acquise, il s'agit d'un morceau remarquable que je rêverais de voir en live. L'album se termine sur deux morceaux franchement passable, Kill The Surfer étant franchement trop peu travaillé pour pouvoir l'apprécier tandis que l'Interstellar Orgy de 6 minutes en dure trois de trop.

En bref, quelques morceaux très réussis et quelques autres qui passent à l'énergie, on pourrait croire que je suis déçu. Il n'en est rien, tant on ne peut pas attendre grand chose de plus du spécialiste de la com' qu'est Stargasm, qui se branle en public, en est fier, et nous aussi. Une jouissance courte et éphémère, mais c'est tellement bon !

mercredi 6 mai 2009

[Review]Starving "Les confidences d'Annabelle"

Il faut bien admettre que je n'aurais pas parié un demi dollars (ce qui fait encore moins en euros) sur le nouvel album de Starving. Mais oui, vous vous rappelez sans doute que ce petit groupe wallon avait tourné pas mal en 2003/2004 avec son premier album "Tout n'est pas rose" et la chanson "Allumeuse" et ses paroles faussement sulfureuses.

On avait pu apprécier à l'époque la charisme (avec tous les sous-entendus que ce mot comporte) de la chanteuse Claudia. On se rêvait même Macho quand elle affirmait qu'elle aimait ça ! Depuis, l'eau a coulé sous les ponts, et il faut bien admettre que l'album enregistré était loin de faire le même effet que les lives. Bref, ça a pas du marcher fort et il a donc fallu du temps pour réaliser ce second opus, d'autant plus que les maisons de disques n'ont pas vraiment aidé à la réalisation du projet.

Et pour cause, "Les Confidences d'Annabelle" est un disque de variété aux textes personnels et assez sulfureux (mais là vraiment, pas comme dans le précèdent opus). On sent que l'ironie dont était emprunt le premier album s'estompe face à une forme de sincérité. Et comme la musique se fait moins ironique et moins second degré, on peut avoir du mal avec les grosses ficelles qui nous sont servies tout au long de l'album. Pourtant, par je ne sais quelle miracle, ça passe. Les textes sans doute, certains étant assez réussi. Et puis la simple énergie bête ou émotion larmoyante qui transpire de certaines chansons. Et puis la voix de Claudia Chiaramonte

Evidemment, ca ne marche pas de bout en bout. Avec Elixir ou Blonde, on frôle quand même l'indigestion de cliché. Par contre, on apprécie particulièrement la rythmique martelée du titre d'ouverture "Annabelle", le piano-voix assez émouvant "Le Chemin" ou encore le délire pseudo-clubbing "Clubber".

Malheureusement, le live qu'ils ont délivré pour la présentation de leur album au Botanique s'est révélé de fort passable aux meilleurs moments (acoustiques) à franchement désagréable la plupart du temps même si l'exception du piano-voix "Le Chemin" me donne bon espoir. Bref, on peut espérer qu'ils vont trouver la formule live qui va soutenir cet album qui risque de passer totalement inaperçu sans cela. A tester gratuitement ce dimanche à 18h à la Place du Palais de Bruxelles dans le cadre des fêtes de l'Iris.

Et puis, pour écouter des extraits de leur nouvel album, je vous recommande leur site qui est pas mal fait du tout en plus (www.starvingmusic.com) ou leur MySpace. Vous pouvez également trois de leurs nouveaux morceaux dans le lecteur ci-contre.

Si je n'ai pas spécialement envie de les écouter en stade comme au RifRaf et que je crois qu'un acoustique mettant en avant la voix serait plus adapté, je crois aussi que rien que pour avoir mené ce projet au bout et à bien il mérite un soutien !

dimanche 15 mars 2009

[Dossier : ils ont 10 ans] "Fantaisie militaire" d'Alain Bashung

Alain Bashung est mort. Désolé de vous l'apprendre de manière si brusque si vous n'étiez pas au courant, mais je ne suis pas bon pour les condoléances (vous pouvez par contre trouver de très touchant commentaires par exemple). Je préfère me consacrer à ce qui reste vivant de lui et en particulier un de ses albums, celui qui m'a probablement le plus marqué, "Fantaisie Militaire".

La première fois que j'ai écouté cet album, c'était en le louant pour ma mère. J'avais déjà en background du Jacques Higelin, mais il faut bien admettre que dans la chanson rock française me laisait plutôt froid à l'époque, préférant le côté beaucoup plus pop d'Alain Souchon. Et pourtant, cet album d'Alain Bashung va me marquer. Par sa pochette, d'abord, que je trouve très belle et intrigante. Mais surtout par quelques titres parfaits.

A commencer par "Malaxe", le titre d'ouverture, qui démontre à quel point Bashung était un parolier formidable, qui ne s'intéressait de toute évidence pas qu'au sens mais surtout aux sonorités. Le refrain "Malaxe, le coeur de l'automate, malaxe, malaxe, les omoplates" produit réellement le son du coeur d'un automate !

Je ne parlerai pas de "La nuit, je mens" que je trouve trop grandiloquent à cause des violons mais bien de la plage titulaire de l'album "Fantaisie Militaire" et ses paroles poignantes réellement habitée par la voix de Bashung que j'ai rarement trouvée aussi bien mise en valeur.

Après "2043", le "Cendrillon" de Téléphone par Bashung, réussit vraiment à instaurer une ambiance puissante et "Samuel Hall" et son instrumentation tout à fait expérimentale, l'album se finit par deux titres beaucoup plus pop mais très plaisants, "Le Pavillon des Lauriers" et ses relents orientaux et "Sommes-nous" où les violons sont aussi très présents mais n'écrase pas autant le reste de l'instrumentation.

Bref, un album qui m'a réconcilié un moment avec le rock français et qui a lui seul me fait classer Alain Bashung parmi les plus grands de la chanson française, même si les quelques autres albums que j'ai écouté de lui ne m'ont pas autant convaincu. De "Osez Joséphine" à "Bleu Pétrole", je n'ai plus retrouvé le côté expérimental dans la musique qu'on trouve particulièrement sur cet opus.

mardi 24 février 2009

[Dossier : ils ont 10 ans...] "Homework" de Daft Punk

Ca ne va pas rajeunir toute cette nouvelle vague de french touch, mais leur maître à penser et leur pierre fondatrice a 10 ans (et même un peu plus).

La duo de robots français, génie du sample qui tue et de la compression sonore, ont sorti leur premier opus et ont défini un style qui, 10 ans plus tard, devait être repris quasiment son pour son par des petits jeunes et un label en particulier (Ed Bangers pour ne pas le citer), et ainsi redevenir un phénomène musical remettant le gros sons au goût du jour, après avoir été temporairement éclipsé par les sons minimaux allemands.

Comme Prodigy, le succès de Daft Punk est dû en partie à la bonne gestion de leur image et à tout le mythe autours de leur musique. Mais contrairement à Prodigy, on peut considérer qu'ils ont réellement posé un jalon dans la musique contemporaine. De leur travaux à domicile, difficile de sortir quelques morceaux ou d'écrire une critique différente de ce qui a déjà été de nombreuses fois raconté.

Premier LP, premier succès avec le titre "Da Funk" ou encore "Around The World". Cet album aura fait beaucoup pour rapprocher les adeptes des musiques à guitares des sons électroniques, alors même que les structures des morceaux sont très éloignés du couplet-refrain. C'est sans doute grâce à une richesse sonore rare en musique électronique telle qu'envisagée à l'époque. Entre un "Rolling & Scratching", ses montées acid doublées d'un beat très puissant et les sons totalement pop de "Around The World", il y a une patte commune, mais une volonté de balader l'auditeurs dans différents climats. Cette richesse trouve sa source dans la variété des influences et des samples qui parsèment le disque, auquel le duo a consacré une chanson complète "Teachers". Si il y a un exemple à prendre en terme d'utilisation d'influences, c'est celui-là, car sans en renier aucunes, Daft Punk a réussi à dépasser chacune d'elles pour offrir une musique réellement novatrice.

Finalement, écouter "Homework" est une expérience musicale fondamentale qui en apprend plus sur ce qu'on peut attendre de l'électro à la française que les innombrables clones actuels (sans les citer Justice ou le dernier album de Birdy Nam Nam, dont le son est terriblement semblable à son ainé de 10 ans). Daft Punk, entre temps, a sorti deux autres albums différents et qui n'ont pas toujours convaincu, avant de remettre tous le monde d'accord grâce à leur album live qui prouve que leur musique, anciens comme nouveaux titres, est toujours d'actualité, et qu'ils sont toujours les maîtres en la matière.

lundi 16 février 2009

[Live]Flying Superkick

Vous la savez, d'habitude, sur ce blog, je parle de ce dont tout le monde parle ou a entendu parler. Je ne m'aventure jamais sur le véritable terrain de l'indépendant, appréciant plus de chroniquer les grosses sorties Universalesque ou des quelques gros labels plus ou moins indépendants, ou à la mode. Et bien, pour une fois, je vais déroger à cette règle, et vous parler d'un groupe belge même pas signé (vous voyez à quel point je suis "indie") mais qui déculoterait bien tous ces petits jeunes de chez Anorak Supersport ou 62 TV Records. Ce groupe, c'est Flying Superkick, comme la prise de catch (quoi, vous la connaissez pas ?)

C'est un peu par hasard que je me retrouve à leur prestation ce jeudi 12 février au Bazaar, un resto/bar dansant dans les Marolles qui représente bien l'envahissement du Sablon de ce quartier autrefois populaire. Rien qu'au prix de la bière, on sait que le lieu n'est pas destiné aux personnes qui habitent toutes les résidences sociales du quartier... Pourtant, ce qu'on va entendre ce soir-là dans la cave habituellement plutôt dancing du lieu, c'est du gros rock un peu rétro.

Mais pas uniquement, contrairement à ce que j'aurais pu craindre. On retrouve vraiment de tout dans cette musique. Des riffs de guitare à la Radio 4 sur "The Party", des beats électronique presque Jungle sur "What Do You Do To Me" ou la basse ronronnante à single sur "Aircrash In Stereo", on voyage beaucoup à travers ce concert, même si la base oscille entre le rock 70's et le métal plus moderne. Plein de références nous viennent donc à l'esprit, j'ai même pensé à "I'm Afraid Of American" de Bowie, mais on finit vite par oublier tout cela pour se laisser gagner par l'énergie. Le groupe joue bien, sans en faire trop, mais avec une maturité que ne peuvent avoir les jeunes de moins de 25 ans qui se prennent pour des rocker (non, je ne pense pas à The dIPLOMAT). La son est bon, la voix du chanteur assurée, le set est maîtrisé, on passe donc un bon moment même quand on est pas nécessairement fan de ce style de musique, ce qui est plutôt mon cas. Parce qu'au delà de l'énergie, il y a aussi des mélodies bien senties et une belle progression tout le long du concert.

Bref, si vous avez un label et que vous ne savez pas qui signer en ce début d'année, je vous suggère de jeter un oeil sur leur MySpace ou écouter les quelques morceaux de leur démo sur Blip.fm (ou sur le lecteur juste à côté)

mardi 10 février 2009

[Dossier : ils ont 10 ans...] "The Fat Of The Land" de Prodigy

Pour être honnête, il a plus que 10 ans, cet album. Mais bon, la constatation est la même. On ne peut nier qu'on aime ou pas le style néo-punk de Prodigy que cet album aura marqué les esprits.

Du point de vue de la musique d'abord, évidemment. Des titres comme "Smack My Bitch Up", "Breathe", "Firestarter" ont marqué dans les mémoires collectives. En réalité, c'est le son général de l'album qui a réussit à s'imposer, plus que des titres. Ce qui fait que beaucoup de gens serait capable de reconnaître un morceau de "The Fat Of The Land".

Comment un si gros son est parvenu à devenir populaire. On a des grosses basses puissantes, un BPM franchement haut, quelques sons trance bien marquant et des éructations vocales passées dans toute sorte de machine. Je crois que cette musique est tellement primaire, fait ressortir tellement de pulsions brutes chez l'auditeur, qu'il y adhère immédiatement. C'est moins le cas des albums suivants ou précédents qui touche moins à l'animal qui est en nous.



Et puis, il y a toute l'imagerie qui accompagne le groupe. C'est sans doute la plus grande différence avec Massive Attack qui a précédé dans ce dossier. Difficile pour un quidam de définir une image du groupe de trip-hop. Par contre, pour Prodigy, on voit des gens à crêtes roses éructant sur scène, on voit le clip "Smack My Bitch Up". On voit ce crabe sur la plage qui semble totalement décalé par rapport au contenu de l'album (en plus d'être très moche). Je crois sincèrement que la réussite de "The Fat Of The Land" tient autant à la musique qu'à l'imagerie qui accompagne le groupe devenu finalement gentillet dans son dernier album mais qui a réussit à capitaliser sur cette image de dur moderne pour continuer à faire venir le public à ses shows.


En attendant, "Serial Thrilla" repasse dans mes enceintes, il est temps pour moi d'abandonner le clavier pour quelques bons épileptiques...



dimanche 8 février 2009

[Review]Animal Collective "Merriweather Post Pavillon"

Apparemment, certains ont eu des difficultés à trouver quelqu'un pour écrire une mauvaise critique sur le dernier Animal Collective. C'est parce qu'ils ne me connaissent pas, sinon ils auraient fait appel à moi...


Ma première rencontre avec le groupe a eu lieu à l'occasion de "Sung Tong", qui avait reçu à l'époque de très bons commentaires chez beaucoup de critiques éclairés. Et moi, je n'aimais pas. Mais vraiment pas. J'ai donc mis de côté ce groupe, choix confirmé par des critiques équilibrées concernant les opus parus par la suite (c'est fou ce qu'ils produisent, en plus !).

Et puis, en ce début d'année glacé, alors que je me complais à écouter le dernier Kanye West, je suis troublé dans ma quiétude américaine vocodée par des dizaines de petites voix qui, sur mon Google Reader, me disent "Album de l'Année". Ils me disent pop psychédélique géniale et originale, mais accessible quand même. Et comme je n'écoute pas que du vocoder, mais aussi l'excellent "Lightbulbs" de Fujiya et Miyagi (que je chroniquerai bientôt ici), je me dis que je suis prêt à affronter un autre album de pop accessible, même si il est psychédélique (et vice et versa, comme diraient "les Inconnus").

Sauf que je ne dois pas fumer la même herbe que tous mes confrères critiques. Alors, voilà, je ne trouve pas cet album accessible. Accessible, pour moi, cela veut dire qu'il évoque et provoque des émotions directes, qu'il donne envie de bouger ou de se plonger dans l'introspection, qu'il fait sourire ou pleurer. Bref, qu'il ait un effet. Le seul effet que Animal Collective a sur moi est un mal de tête.

Parce que je m'acharne. Je le ré-écoute plusieurs fois. J'essaye même de comprendre (oui, la musique peut aussi être une entreprise de réflexion, permettant alors seulement d'accéder aux émotions, même si tous le monde ne semble pas partager cet avis). Et alors, je ne peux plus percevoir que ces deux voix totalement insupportables, ces claviers agaçants ("Brothersport", une merveille ? J'y ai presque perdu mes yeux, ils ont failli sortir de leurs orbites poussé par mon cerveaux qui grossissait avec les sons de claviers de ce morceaux), ces constructions sans queues ni têtes.

Je reconnais le travail d'orfèvre, l'intégrité artistique et la volonté de produire un album cohérent. Je reconnais même que "My Girls" pourrait, grâce à une mélodie qui reste en tête, être une bonne chanson si on la remixait un petit peu pour lui donner un peu de punch. Mais bon, mon amitié pour Animal Collective s'arrête là, et je préfère me replonger dans mes musiques convenues mais qui provoque chez moi peut-être pas beaucoup d'émotions très nobles (envie de bouger son cul, de sauter contre les murs, de baiser la première chose qui se présente) mais qui sont agréables finalement. L'opposé de ce "Merriweather Post Pavillon", quoi.


Pour écouter, rendez-vous sur leur MySpace : http://www.myspace.com/animalcollectivetheband

samedi 7 février 2009

[Review]Kanye West "808's and Heartbreak"

Rendons à la technique et au passé ce qui lui revient, Kanye West n'aurait jamais pu faire cet album, comme Rihana ne pourrait pas "chanter", si le vocoder n'était pas revenu en état de grâce ces dernières années. Certains avanceront que Cher l'avait déjà remis au goût du jour dans les années 90, mais là, je dis stop, parce que contrairement à ce que cette introduction peut faire penser, j'aime assez bien le dernier opus de notre machine à vendre US.

Bon, on va être honnête, en terme de qualité technique, de recherche, et de toute les qualités musicales "objectives" que l'on pourrait trouver, c'est un peu une merde. Des arrangements ridicules de "Robocop" aux paroles complètement glucoses de "Coldest Winter" (pauvre pauvre milliardaire arrogant), tout pue l'auto-satisfaction et l'assurance absurde.

Rien à priori pour se réjouir, si il n'y avait pas l'implacable efficacité des beats produits par notre ami Kanye et son insatiable envie de sortir un album déjà complètement dépassé et ressucé de partout tout en l'imposant comme de l'original. Effectivement, en prenant le bon de partout et en le mettant avec un minimum d'ingéniosité ensemble, on arrive à un bon album (en fait, une bonne collection de singles avec quelques déchets pour compléter). On retiendra le "Say You Will" et les 3 minutes qui terminent le morceaux pour laisser méditer sur la grande profondeur du propos du producteur, "Love Lockdown" et sa rythmique à la N*E*R*D dépressif ou "Welcome to heartbreak" qui réussit presque à faire oublier les claviers violoneux mièvres à coups de boites à rythmes bien placés.

Bref, vous l'aurez compris, c'est une merde purement jouissive, "tellement trop triste" qu'elle aurait sans doute remonté le moral au chanteur de Telephone Tel Aviv et aurait peut être évité son suicide.


mardi 27 janvier 2009

[Dossier : ils ont 10 ans...] "Mezzanine" de Massive Attack

S'il existe un album qui a définitivement marqué toute ma jeunesse, c'est celui-là. Je l'ai découvert pourtant quelques années après sa sortie, après avoir été marqué par deux apparitions de titres liés à cet album : "Superpredator" comme titre de générique du film "The Jackal" (version Bruce Willis) et surtout "Angel" dans la scène des caravanes en feu de "Snatch". Et l'écoute complète de cet album m'a rendu accro.

En réalité, l'album est parfait à deux niveaux. Tout d'abord, il comprend des titres absolument imparables seuls. "Angel", sa basse et sa guitare me font encore frémir autant qu'à la première écoute, "Teardrop" et la voix éthérée de Liz Frazer ou "Inertia Creep" et sa rage à tout niveaux.

Mais au delà des morceaux, l'album réussit vraiment à développer une ambiance complète tout au long de ses titres. Et des morceaux un peu plus faibles comme "Exchange" prennent tout leur sens comme une pause entre la rage noire qui traverse l'ensemble du LP

Car oui, c'est ce qui ressort de cet album : la rage et le conflit. On peut sentir que les membres du collectif étaient déjà prêts pour la rupture tant les différentes tendances s'affrontent ici. Riffs de guitares distordues punk s'appliquent à exploser des beats très profonds directement tirés du dub, tandis que les morceaux au flow très hip-hop succède à d'autres beaucoup plus chantés. C'est cette opposition si âpre qui rend cet album unique, un album qui a défini selon moi tout un pan de ce style multilatéral qu'est le trip-hop.

"Mezzanine" a dix ans, Portishead ressort un album, et si on les met l'un a côté de l'autre, on se rend compte que l'un comme l'autre sont toujours aussi pertinents.



Découvrez Massive Attack!

lundi 26 janvier 2009

Ma semaine médiathèque (week 3/09)

Une assez bonne pioche, cette semaine à la médiathèque... Entre l'électro-rock et quelques remixs, des expérimentations réjouissantes.



Tout d'abord, le troisième opus de Bloc Party dénommé "Intimacy" qui s'ouvre sur deux bombes "Ares" et "Mercury". Même si la suite est plus classique, je trouve que l'album ne vaut pas le dédain dont il a été victime, même si c'est vrai qu'il soutient difficilement a comparaison avec des trucs comme Klaxons.




Ensuite, la compilation de remix du patron du label Tigersushi, j'ai nommé Joakim. Avec d'excellents morceaux, même si je ne connais pas toujours l'original. De l'"Always Too Late" d'Annie en version que N*E*R*D n'aurait pas renié à "My Pocket Piano" de DJ Medhi réellement envoutant, Joakim propose une collection de morceaux variée ce qui montre qu'il aborde chacun d'eux sans aucune recette préconçue. Un vrai plaisir, même si tous les titres ne sont pas de la même qualité...



Vient ensuite l'album de Daedelus "Love To Make Music To", très varié. Je n'adhère pas beaucoup, je dois le dire, aux délires R n'B de l'ami, mais pas contre, certains morceaux offrent de bonnes décharges d'infra-basse qui font plaisir à mes petites oreilles. En tout cas, difficile de me prononcer sur ce LP sans quelques écoutes supplémentaires.



C'est aussi le cas de l'album de Fujiya et Miyagi "Lightbulbs". Il y a bien sûr quelques morceaux immédiats : "Uh" et son funk irrésistible, "Knickerbocker" en cavalcade punk-funk ou "Pussyfooting" et son clap qui entraine nos mains dans le mouvement. Mais à côté de cela, des morceaux plus calmes qui semblent un peu trop guimauves lors des quelques écoutes un peu distraites de ce LP... A confirmer, donc.


Bonne écoute !



Découvrez Fujiya & Miyagi!

mercredi 14 janvier 2009

[Dossier : ils ont 10 ans...] "Version 2.0" de Garbage

Je vous propose une nouvelle série de review d'album pour nous (me) rappeler que le temps passe vite, et qu'il faudra peu d'années encore pour que les "jeunes" trouvent que mes albums-références sont vieux et démodés. Pour ne pas (me) faire trop mal, je commence par un LP contesté, pas un album mythique, sorti en 1998, le second opus du groupe Garbage, tombé bien bas depuis, "Version 2.0".

Si j'avais envie de vous en parler, c'est que même si ce disque a beaucoup déçu, si il est loin d'être un chef-d'oeuvre comme d'autres qui viendront dans les prochains jours, il m'a énormément marqué. C'est par ce disque que j'ai découvert le groupe, et même par les quelques remixs trip-hop qui en ont été tirés (j'étais très trip-hop à 13 ans...). Je connaissais toutes les paroles par coeur, et j'appréciais particulièrement les titres les plus pop. Les trois premier morceaux "Temptation Waits", "I Think I'm Paranoïd" et ""When I Grow Up" me plaisaient énormément à l'époque par leurs sons synthétique et leurs gimmick vocaux rigolos. J'aimais aussi beaucoup "Sleep Together" autant pour les paroles que je trouvais sulfureuses à l'époque (if we sleep together/ will you like me better/ if we come together / prove it now or never) ou pour les accords aux claviers comme repère sonore tout au long du morceau et même le vocoder (pas toujours du meilleur goût, on le reconnaîtra). Enfin, "You Look So Fine" me plaisait, mais pas autant que "Milk", la balade du précédent album.

Et puis, le temps passant, j'ai fini par continuer à écouter ce disque pour d'autres morceaux. J'aime toujours "Sleep Together", mais ce disque reste dans ma collection pour deux titres : "Push It" et son riff inoubliable du refrain et sa batterie endiablée, "Medication" pour ses guitares dissonantes et son tempo plus lent qui correspond beaucoup plus à la voix de Shirley Manson.



Bref, un album pop qui m'a ouvert à des sonorités plus rock que je réprouvais à l'époque, et un groupe qui a marqué son époque surtout par son iconographie et sa chanteuse, plus que par sa musique qui a vite été oubliée (et qu'on préfère oublier en 2005 avec la sortie de "Bleed Like Me").

mardi 13 janvier 2009

[Review]Jeronimo "Mélodies démolies"

Je n'aime pas la chanson française, et rares sont les artistes francophones qui atterrissent dans mes favoris. Jeronimo a pourtant réussi à s'y glisser au long de ses deux premiers albums. C'est donc en toute logique que j'avais beaucoup d'attentes par rapport à ce troisième opus, d'autant plus que certains collègues lui avait déjà attribué une bonne critique (ici ou ).

Je n'ai pas été déçu, car Jeronimo réussit à se renouveler sans pour autant perdre son petit quelque chose qui le rend particulier. Ainsi, on retrouve ce détachement même dans les titres les plus sombres, ce décalage vaguement surréaliste entre la musique et les paroles, l'intention et la réalisation. Cela peut perturber, certes, mais c'est ce qui me plait.

Pour ce qui est du changement, et bien, ils sont dans le sillon déjà creusé dans 12h33. Moins pop, plus rock, plus travaillé (ici, beaucoup plus) et une plus grande attention à la musique par rapport aux textes. Ceux-ci reste toujours intéressants, mais beaucoup moins drôles. Même si le petit trait d'humour reste présent, dans l'ensemble, les chansons sont plus sombres.

Reste néanmoins que les textes sont importants pour accrocher à cette musique. "Tout sera comme avant" n'est peut-être pas le morceau le plus intéressant musicalement parlant, mais j'ai été très touché par le texte et l'interprétation que Jeronimo en fait. "Maman, si tu savais..." est un texte sensible noyé dans l'encre noire de sons assassins à l'inverse de "Irons-nous voir Ostende ?" servi d'une mélodie simple et d'un texte emprunt d'une douce mélancolie et d'une tristesse lancinante. Et puis, d'autres titres beaucoup plus léger comme "L'argent, c'est bien" ou "Rendez-vous dans ma loge" de toute évidence taillé pour un grand public et pour le concert.

D'ailleurs, si vous voulez le voir à Bruxelles, il sera à l'Ancienne Belgique dans le cadre des concerts AB/BOTA le 27 février.

En attendant, vous pouvez écouter quelques morceaux sur son MySpace : http://www.myspace.com/jeronimojerome

dimanche 26 octobre 2008

Les jours pluvieux font les arcs-en-ciel (ou est-ce l'inverse)

Vous l'aurez compris si vous avez lu mon article sur le concert de Radiohead à Werchter, j'aime beaucoup ce groupe et ses changements d'orientation, son exigence,... Et son approche dans la commercialisation de la musique et la gestion de leurs droits. C'est cette approche qui me permets aujourd'hui de vous proposer cet article sur les remix par AmpLive de In Rainbows.

Ca fait déjà un certain temps que j'ai récupéré ces morceaux, et je ne sais pas pourquoi je ne vous en parle que maintenant... Je suppose que les nombreux fans auront déjà eu l'occasion d'écouter cela depuis lontemps. Néanmoins, je souhaitais en toucher quelques mots, juste parce que je trouve l'initiative très intéressante.

Donc, voilà, Amplive a collaboré de manière assez proche avec Radiohead pour offrir des remixs à l'aide des sons bruts qui ont servi à l'enregistrement de In Rainbows. Ils nous en servent un mini-album appelé Rainydayz Remix téléchargeable gratuitement qui propose des versions d'inspirations hip-hop de quelques titres phares du dernier-né de Radiohead.

Bon, soyons clair, tout n'est pas bon, et certains morceaux sont même assez ratés à mon goût. Mais parlons plutôt des réussites, comme ce premier morceau Video Tapez qui renforce la merveilleux Videotape d'un beat puissant, un travail de sampling intéressant sur la voix de Thom Yorke et un flow hip-hop asez classique qui s'intègre bien dans l'ensemble. J'aime aussi beaucoup la version remixée de Weird Fishes qui s'ouvre sur quelques chose de très chargé avant d'enchaîner vers quelque chose de très énergique et dépouillé assez éloigné de la version originale mais très efficace à mon goût.

Je m'avoue néanmoins assez déçu de la version dub/trip-hop de All I Need que je trouve vraiment très en deça de l'original. Et je me permets de souligner une version de Reckoner avec la participation d'un des membres de Jurassic 5.

Voilà, si vous n'avez pas encore eu l'occasion d'écouter cet album de remix, je vous le recommande, ne fut-ce que pour voir qu'il n'y a pas une "bonne" version des morceaux de Radiohead, et que ce groupe a vraiment le potentiel de brouiller les frontières artificielles des genres musicaux.

samedi 25 octobre 2008

Ca fouette

Quand John McCain a annoncé en grande pompe à la télévision qu'il fallait fouetter Barack Obama, on a tous trouvé qu'il avait été un peu trop loin. En fait, il n'avait sans doute fait qu'écouter l'album de The Whip "X Marks Destination"

Pourtant, ils viennent de Manchester, et on peut se demander ce que McCain faisait à Manchester. A mon avis, il est plus probable que son oreillette ait capté une quelconque radio qui passait par hasard le morceau Trash. Et arriva ce qui devait arriver, la mélodie vrillante, répétitive, qui semble monter en continu lui a tourné la tête, à notre cher vieux peut-être futur président des USA.

Bon, si il avait parfait bon goût, il aurait sans doute pas tellement apprécié. The Whip, c'est vintage, c'est clavier dégoulinants, c'est riffs de guitare ridicules par moment. Mais c'est tellement jouissif et efficace par moment (pas tout le temps, hein...), et très moderne même sur certains titre (comme Divebomb) qu'on ne peut s'empêcher de se remuer un peu.

Comme McCain est un peu trop vieux pour bouger son popotin, ça lui a déplacé le cerveau à la place et fait dire des âneries. Bon, voilà l'explication. Après, je ne crois pas qu'on puisse encore lui en vouloir, si ?

lundi 13 octobre 2008

Le management responsable

Je vous ai parlé hier de ma soirée et de mon étonnement face à la musique vraiment "cliché" qu'on a pu y écouter. On y a néanmoins passé MGMT, ce groupe anglais à la mode qui se prononce donc Management...

Je vous en avais déjà parlé il y a quelques mois, je les avais trouvés intéressant en live au festival de Werchter. Cela m'a donc poussé, quelques temps plus tard, à me lancer dans l'écoute de l'album. Avec un peu d'appréhension, vu les ratages mémorables qu'on peut observer quand un groupe hyper énergique en live tente la conversion en album.


Et bien, il n'en est rien ! Simplement parce que MGMT n'est pas vraiment énergique. C'était un leurre. On aurait pu croire qu'ils donnaient tout et s'épuiseraient dans une veine tentative de faire de leur pop un truc de boite, à la façon d'un live plus produit et porté sur CD. Ils ont été plus malin que cela et ont transformé ce qui n'aurait pu être qu'un hymne de l'été (Time To Pretend) en un album de morceau pop hédoniste à la façon de l'imparable Electric Feel.

Du coup, mes amis, ne faites pas l'erreur d'inclure de MGMT dans vos playlist de soirées. Ce sont des gars responsables, ces anglais. Ils ont bien compris qu'à long terme, il était plus rentable de faire un album qui fasse chantonner (ou poup poup pouper comme le titre Kids) qu'un album qui fasse se déhancher.


MGMG "Oracular Spectacular", pas écoutable sur Deezer comme presque tout maintenant. Donc je vous mets des liens vers des blips, site dont je parlerai sans doute prochainement. Ou pas.

jeudi 21 août 2008

[Review]Yoav "Charmed and Strange"

Ca fait déjà un petit temps que je vous fais chier avec cette musique, mais c'est parce que j'ai vraiment eu un coup de coeur pour le premier album de Yoav. C'est peut être l'âge ou le soleil, mais en tout cas, cette petite musique sans énormes ambitions m'émeut assez bien en plus d'être très agréable.

Je ne sais pas ce que les critiques musicales avaient fumé en écoutant cet album, j'ai lu des références à Nine Inch Nail, Beck, Radiohead et Justin Timberlake au sujet de ce disque. Il faut pas rigoler, cela n'a absolument rien à voir avec toutes ces musiques. C'est sans doute vendeur de se parer de telles références, mais, honnêtement, je ne crois pas que ce jeune américain de Cape Town fait de la musique se rapprochant d'une de ces références.

Fort heureusement d'ailleurs, car c'est ce qui fait sa fraîcheur. Finalement, il n'est à priori qu'un nouveau numéro dans la ronde des chanteurs folk/rock crépusculaires si à la mode actuellement. Ou alors pire, une énième copie d'un Ben Harper épuré. Et pourtant, il se dégage de sa musique quelque chose de neuf, des émotions simples mises en avant par une musique simple en terme de structure, mais sauvée par des sons légèrement différents. C'est cette légère différence qui lui permet de se détacher des grands maîtres du genre tout en restant suffisamment proche des références pour être facilement bien interprété par tous. Bref, un album en équilibre, pas trop conventionnel ni trop novateur.

Quand à la réalisation, on appréciera le travail sur les instruments, peut être un peu moins la voix que l'on ressent encore un pau faible, et on houspillera la personne qui a produit et mixé l'album tant la plupart des baisses de rythmes ressenties dans certains titres très fort potentiellement (je pense à "Beautiful Lie") sont du à des erreurs de production. Il est d'ailleurs étonnant d'écouter les version retravaillées sorties sur un EP et de constater que celles-ci sont de loin supérieures à l'originale. Reste néanmoins de très grosses réussite dont le single "Club Thing", imparable ; la chanson d'ouverture "Adore Adore", le très doux et très triste "One By One" ou encore le très acoustique "Angel And The Animals".

Bref, tout cela est écoutable sur Deezer mais vaut apparemment le coup en live. Le jeune homme, qui n'est pas le plus désagréable à regarder d'ailleurs, joue alors à l'homme-orchestre pour reconstruire sa musique en enregistrant ses boucles de guitares et ses percussions en live avant de la combiner. Une méthode de concert qui doit renforcer le caractère mélopédique et envoutant de sa musique. Bonne écoute !

samedi 9 août 2008

Technotronic est presque de retour

Allez, on va faire un peu de chauvinisme, mais vous saviez que Technotronic est un producteur belge ! Ahahaha, ça vous en bouche un coin, hein ? Non ? Vous savez pas ce que c'est que Technotronic ! Mais si, vous connaissez forcément le hit Pump Up The Jam et son clip tout à fait démentiel.





Et bien, ils sont presque de retour avec les Simian Disco Mobile. Mais oui, vous savez, ce groupe français qui s'est fait voler la vedette sur le fameux titre Never Be Alone par le duo Justice (bon, là, je n'illustre pas, vous trouverez par vous même). Après, tout vénères, ils se séparent et se reforment avec le suffixe que vous connaissez maintenant pour sortir un album quasiment en même temps que Justice qui passe, encore, à l'arrière plan pendant que la critique hexagonale s'extasie sur le fac-similé daft-punkien du duo à la croix.

Alors que nos amis Simian Disco Mobile, sur "Attack, Decay, Sustain, Release !" s'en sortent plutôt pas mal, si pas mieux (bon, vous l'aurez compris, j'aime pas trop Justice). Et propose ce formidable titre totalement 90's kitch qui s'appelle It's The Beat. Allez, ne dites pas que vous ne voyez pas une ressemblance sonore.

Et c'est donc comme ça que les belges ont contribué à la nouvelle french touch...