samedi 8 novembre 2008

Un soir, un concert : les américains indépendants

Vous l'avez peut-être su, mais cette fin de semaine fut pour moi l'occasion d'assister à trois concerts trois soirs de suite. Pas le temps d'écrire au fur et à mesure du temps qui passe, trop vite, mais bon, on va tenter de rattraper le coup. En commençant par le début, le concert de ce mercredi 5 novembre, Why? et Volcano.

Cela faisait longtemps que je n'avais plus assisté à un petit concert sans trop savoir ce que j'allais voir. Infadels le mois précédent m'avait laissé une impression mitigée dans la grande salle du Botanique, et c'est donc avec plaisir que je retrouvais la célèbre Rotonde du Botanique, ses 150 places quand c'est bien tassé et son acoustique excellente.

Dommage, ça a mal commencé... Volcano, dont j'avais écouté trente secondes avant d'aller au concert, ne m'a pas du tout plu. La faute à la voix du chanteur, sans doute, dans le style plaintif à la Muse, ce qui a le don de m'exaspérer très vite. Et puis, même si le batteur était assez impressionant, le trio originaire de l'Illinois m'a semblé assez brouillon dans ses compositions. il ne suffit pas, pour faire quelque chose qui se rapproche du post-rock, d'assembler des claviers lumineux avec des guitares saturées allant vers toujours plus de bruits, il faut aussi une progression mélodique, une inventivité. Je ne suis déjà pas client de ce style, à la base, mais là, c'était juste très plat et bruyant.

Je pense que je n'étais pas le seul à penser cela. Et même si le public de la Rotonde est généralement assez froid et attentif, ici, il m'a semblé que les applaudissements étaient particulièrement polis et peu enjoués. Bref, on oublie ça et on passe au gros morceau.

Why? ne dit pas nécessairement grand chose à beaucoup, et pourtant la tête pensante derrière ce projet est un des américains des plus influents sur la scène indépendante. Il est derrières des projets tel que le regretté cLOUDDEAD avec mon ami Doseone et est un membre actif du collectif et label hip-hop (mais pas seulement) expérimental Anticon, sur lequel Why? est justement hébergé.

Why?, justement, c'est plus du pas seulement que du hip-hop. Il y a des influences notamment par certains passages en rap, mais la musique est résolument instrumentale et mélodique, mélangeant des éléments du rock et du folk, sans sacrifier la bonne mélodie pop par moment. Bref, relativement OSNI (Objet Sonore Non Identifié).

Sur scène aussi, c'est particulier. Evidemment, ils ont tout les signes des américains indépendants : pleins de poils, des lunettes à grosses montures, des t-shirt de geek et un humour froidement décalé. Mais ça marche. Après un début fort au xylophone, instrument dont je n'aime pas trop la sonorité, et une excellente ouverture sur le morceau Waterfalls, le groupe navigue avec habilité entre folk et hip-hop, pop et rock, toujours déroutant, mais sans être innaccessible. Avec une présence sur scène et ce leader chantant et jouant de quelque caisses comme un pantin désarticulé. Un concert qui convenait parfaitement à la salle, ne nécessitant pas beaucoup d'excitation, mais une bonne qualité sonore.

J'en suis sorti dérouté, mais cela avait chassé la mauvaise humeur qui me hantait depuis une semaine. Comme quoi, perdre ses repères, ça fait du bien, de temps en temps...

3 commentaires:

Claire a dit…

Enfin, il ne faut pas descendre Volcano! de la sorte. J'avais parfois aussi l'impression que leurs compos se perdaient en chemin (et puis ce soir là, leur son était vraiment mal ajusté, pas de leur faute), mais on peut saluer le côté tubesque que leurs chansons expérimentales prennent. Je trouve leur musique très accessible, part rapport à d'autres groupes du genre (je me demande au fait ce que Muse vient faire dans l'article). Volcano!, pas un groupe de scène, certes, pas comme ça, en tous cas. Mais ça reste néammoins une très belle découverte.

Yann Lebout a dit…

Je n'ai pas eu envie de pousser mes explorations plus loin après le concert de Volcano! qui, je maintiens, était assez désagréable. Même si j'ai pu entendre un de leur morceau à la radio et que cela m'a fait penser que je devrais peut être écouter leurs titres studio.

Maintenant, côté tubesque, n'exagérons rien ! Et je crois qu'il est en partie de la responsabilité d'un artiste d'avoir un son correct lors de ses concerts... Et je maintiens, le chanteur avait une voix à la Muse !

Claire a dit…

Les morceaux sur leur myspace sont des petites boules d'énergie qui font taper le pied à terre. Le live n'apporte rien à leur musique : il y a parfois certains sons dérangeants dans leurs compos et quand la sono est mauvaise comme elle l'était, ça fait crisser les dents, mais leurs 2 albums sont tout à fait honorables.

A la prochaine!

ps= toujours pas noté une quelconque ressemblance avec Bellamy... mais j'ai l'oreille dure.