jeudi 21 août 2008

[Review]Yoav "Charmed and Strange"

Ca fait déjà un petit temps que je vous fais chier avec cette musique, mais c'est parce que j'ai vraiment eu un coup de coeur pour le premier album de Yoav. C'est peut être l'âge ou le soleil, mais en tout cas, cette petite musique sans énormes ambitions m'émeut assez bien en plus d'être très agréable.

Je ne sais pas ce que les critiques musicales avaient fumé en écoutant cet album, j'ai lu des références à Nine Inch Nail, Beck, Radiohead et Justin Timberlake au sujet de ce disque. Il faut pas rigoler, cela n'a absolument rien à voir avec toutes ces musiques. C'est sans doute vendeur de se parer de telles références, mais, honnêtement, je ne crois pas que ce jeune américain de Cape Town fait de la musique se rapprochant d'une de ces références.

Fort heureusement d'ailleurs, car c'est ce qui fait sa fraîcheur. Finalement, il n'est à priori qu'un nouveau numéro dans la ronde des chanteurs folk/rock crépusculaires si à la mode actuellement. Ou alors pire, une énième copie d'un Ben Harper épuré. Et pourtant, il se dégage de sa musique quelque chose de neuf, des émotions simples mises en avant par une musique simple en terme de structure, mais sauvée par des sons légèrement différents. C'est cette légère différence qui lui permet de se détacher des grands maîtres du genre tout en restant suffisamment proche des références pour être facilement bien interprété par tous. Bref, un album en équilibre, pas trop conventionnel ni trop novateur.

Quand à la réalisation, on appréciera le travail sur les instruments, peut être un peu moins la voix que l'on ressent encore un pau faible, et on houspillera la personne qui a produit et mixé l'album tant la plupart des baisses de rythmes ressenties dans certains titres très fort potentiellement (je pense à "Beautiful Lie") sont du à des erreurs de production. Il est d'ailleurs étonnant d'écouter les version retravaillées sorties sur un EP et de constater que celles-ci sont de loin supérieures à l'originale. Reste néanmoins de très grosses réussite dont le single "Club Thing", imparable ; la chanson d'ouverture "Adore Adore", le très doux et très triste "One By One" ou encore le très acoustique "Angel And The Animals".

Bref, tout cela est écoutable sur Deezer mais vaut apparemment le coup en live. Le jeune homme, qui n'est pas le plus désagréable à regarder d'ailleurs, joue alors à l'homme-orchestre pour reconstruire sa musique en enregistrant ses boucles de guitares et ses percussions en live avant de la combiner. Une méthode de concert qui doit renforcer le caractère mélopédique et envoutant de sa musique. Bonne écoute !

2 commentaires:

prsm a dit…

Nine Inch Nails + Radiohead + Justin Timberlake, c'est difficile à imaginer ! ;-)

Yann Lebout a dit…

Et oui...

Enfin, voilà les premières lignes de sa bio sur son site :

Imagine a record that matches the leftfield edge of Beck or Radiohead with the kind of sure-footed pop hooks Justin Timberlake's people would write a blank cheque for. A record which vividly conjures the life of an insightful outsider, set to the dark, loping rhythms of Massive Attack or Portishead.

Bref, ils ont confiance en eux !