lundi 18 août 2008

Pourquoi je ne télécharge pas illégalement...

Bon, le téléchargement illégal, on en a beaucoup parlé en francophonie, particulièrement en France, avec les nouvelles dispositions répressives envisagées et adoptées par l'Assemblée (voir mon billet sur la loi Hadopi). Par contre, en Belgique, finalement, le débat est loin d'éclore aussi âprement sur la place publique (il est vrai qu'on a d'autres chats à fouetter pour le moment).

Reste alors des positions personnelles, des explications de tous les camps, des attaques contre les majors qui, en plus de participer au formatage global de la musique, pratique des prix beaucoup trop élevé qui ne profitent même pas aux artistes, des attaques contre les outils de piratage qui causent, en diminuant les recettes des artistes, un affaiblissement de la création originale.

Sauf que tout ça, je m'en fous (ou presque). Et en tout cas, ce ne sont pas les raisons principales de mon abandon total du téléchargement illégal de musique.

On pourrait avancer des raisons techniques et technologiques pour justifier ce refus de téléchargement illégal. Si il est vrai que le coût par titre pour la personne qui télécharge est nettement moindre qu'à l'achat (il n'est pas nul, contrairement à ce qu'on pourrait croire), le produit ainsi obtenu est d'une qualité inférieure. Entre les fichiers au contenu simplement différent de ce qu'il annonce, les fichiers illisibles ou corrompus, quand il ne s'agit pas de virus, les fichiers modifiés où le morceau est entrecoupé de bruits bizarres le rendant inutilisable ; ou simplement la qualité déplorable de l'encodage pour la plupart des fichiers illégaux sur la toile; Bref, il y a plein de raisons techniques qui pousseraient une personne un peu pressée recherchant un minimum de qualité sonore pour abandonner le téléchargement illégal.

Sauf que tout ça, je m'en fous aussi (enfin, il ne s'agit pas de mes préoccupations principales). Il est relativement facile avec un peu de patience de trouver des fichiers de qualité acceptable, dans format MP3, certes compressé, mais dont les déformations resteraient inaudibles sur l'installation sonore d'étudiant qui me sert à restituer ma musique.

Non, j'ai d'autres raisons bien plus simples et primordiales pour éviter le téléchargement illégal, et ces raisons, je vous les livrerai dans mon prochain billet, car avant d'en parler, il va falloir aborder le téléchargement légal que j'évite aussi, avec moins de soin néanmoins que les torrents et aux emule.

4 commentaires:

prsm a dit…

D'accord avec toi : trop de fichiers pourris, trop difficiles à trouver quand on a des goûts "peu communes"...
Et quand c'est gratuit, les gens téléchargent tout et n'importe quoi : il n'y a plus la notion du sacrifice (même minime) qu'on fait pour se payer un disque dont on n'a VRAIMENT envie.
Mais je ne suis pas un fétichiste du disque, donc le téléchargement légal, ça me convient...

Anonymous a dit…

Les fichiers pourris, OK en 1999 sur Napster, mais force est de constater qu'aujourd'hui on trouve quand même + de fichiers et des fichiers de meilleure qualité sur les réseaux p2p illégaux. Le tout est de savoir chercher et trouver ces fichiers.

Sans vouloir faire l'apologie du téléchargement illégal, je tiens vraiment à dire que l'amateur de X style de musique (remplacer X par un genre musical quelconque) peut trouver en quelques clics un forum spécialisé dans tel ou tel genre et sur lequel les utilisateurs partagent leurs sons. Honnêtement, il est difficile de faire mieux, mais cela demande des efforts de recherche.

Quant au fait que les gens téléchargent tout et n'importe quoi : c'est pas parce que je peux télécharger gratuitement la discographie complète de Rihanna en 2 secondes que je vais le faire. Et ça m'étonnerait beaucoup que l'utilisateur Lambda fan de la chanteuse citée ci-dessus aille télécharger gratuitement la discographie complète de Captain Beefheart juste parce qu'il en a la possibilité.

Enfin, cette notion de sacrifice n'existe pas selon moi. Je crois vraiment que les amateurs de musique continuent de payer pour des supports ronds, que ce soient des CD ou des vinyls (et à exception près du mp3 légal).

Anonymous a dit…

Je scinde le texte en deux (même si je ne suis pas sûr qu'on soit limité).

Je n'ai jamais téléchargé légalement et je ne compte pas le faire de sitôt, car je refuse de payer pour un produit tel que le mp3.

Je m'autorise par contre à écouter de la musique par d'autres moyens, en respectant toutefois le fameux : "if you like it, buy it". Je ne vois pas le mal qu'il y a a télécharger illégalement si après écoute 1) on aime pas et on efface ou 2) on aime et on achète le support rond.

Maintenant le vrai problème du mp3, c'est qu'il fait de la musique un produit de grande consommation qu'on achète et qu'on jette, là où autrefois, acheter et écouter de la musique était presque une procession de foi, un rituel (acheter vinyl + matos, trouver les vinyls chez disquaires, écouter les vinyls avec les contraintes de lecture (changer face, changer diamant, nettoyer disque et platine)... Et acheter un mp3, c'est accepter cet état de fait. Moi, en tant qu'amateur de musique, je ne l'accepte pas.

'Fin bon j'ai la tête ailleurs, je me perds dans mes idées, je reviendrai ici plus tard.

Yann Lebout a dit…

Merci de ces commentaires.

Je te suggère de lire le post suivant ( http://musiquey.blogspot.com/2008/08/pourquoi-jvite-le-tlchargement-lgal.html ) et tu verras que je partage en grande partie ton point de vue sur la question.

Comme j'essaye de l'expliquer dans mon article, j'évite les notions de mal et de bien pour qualifier le téléchargement illégal. Je crois néanmoins qu'il y a des arguments objectifs qui peuvent dissuader grandement de télécharger illégalement, et ce sont ces arguments objectifs que je tente de mettre en avant. Maintenant, ils n'ont pas ne portée absolue ni universelle : ce que je considère comme des inconvénients peuvent être contourné ou peuvent ne pas en être pour certaines personnes. Auquel cas il reste les aspects éthiques que chacun doit évaluer...

A plus

Yann